les cèdres
J’aimais tant paresser sous les cèdres odorants
Agacé par le chant familier des cigales
Le soleil du midi y était moins brûlant.
Et les enfants jouaient et se lançaient la balle
Le monde alentour me paraissait innocent.
La vie en ce temps là m’avait fait une grâce
Garder longtemps en moi le regard d’un enfant
Où la haine a du mal à trouver une place
Les filles étaient belles comme de jeunes anges
Elles attiraient mon cœur comme une source pure
Je sentais naître en moi les premiers troubles étranges
L’amour était encore aussi doux qu’un murmure
Cueillir des fruits sauvages à travers les buissons
Trouver en plein orage l’abri d’une masure
Passer un jour entier loin de notre maison
Oui, tout avait pour moi le goût de l’aventure
Je vivais chaque jour comme une vie nouvelle
Et fatiguais mon corps jusqu’à l’épuisement
Les nuits étaient bénies par un profond sommeil
Et j’oubliais bien vite mes chagrins d’enfant
Oui, j’aimais paresser sous les cèdres odorants
Sous l’ombre tamisée de leur noble feuillage,
Qui s’embrasent le soir dans le soleil couchant
Beaux comme des vieillards dont on admire l’âge.
PHILIPPE..CDF
Poeme publié 29 Avr 2009